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êtes sur le site internet de
l'association Savenn
Douar, fondatrice de
"Bécherel, Cité du livre®".Vous allez pouvoir découvrir les
différents
aspects de l'association : notre philosophie, nos moyens, les projets
pour cette année, etc.
Philosophie active, selon
Colette Trublet, Présidente Fondatrice – 27.02.09
Quand je relis ce que
j’écrivais il y a quelques années au sujet des temps à venir
(avec en particulier le chômage et ce qui pourrait en découler), je
suis stupéfaite de constater à quel point j’avais (trop) raison.
Il m’avait semblé à
l’époque, il y a maintenant 25 ans, que notre créativité était
stérilisée par un discours politique ambiant avec des contraintes
administratives centralisées, tatillonnes et chauvines, une surdité
absolue d’un régime jacobin qui décidait (et décide encore) de
tout à Paris, pour Paris et la région parisienne. De justifications
en mensonges, quelques personnages soucieux de conserver leurs
privilèges et leurs intérêts avec ceux de leurs partenaires les
plus fortunés élaborent “l’idée unique”. Ils ne parlaient et
ne parlent toujours que des grands financiers, des grandes
entreprises et des grands machins toujours parisiens en oubliant les
petites gens, les très petites entreprises, les petits commerces, à
savoir 80% des Français … avec pour résultat la concentration des
décisions et des pouvoirs, les excroissances des villes à l’image
de Paris, la désertification des territoires etc… pour aboutir
aujourd’hui à la mise en danger de la planète.
Au nom du respect et de
l’éthique, qui ne permettent pas le mélange des genres, il ne
fallait pas dire en certains lieux quels liens unissent les grandes
fortunes et les coteries autour des élus les plus puissants, au
détriment du plus grand nombre devenu taillable et corvéable à
merci; c’est au point que les porte-monnaie de la classe dite
moyenne ont été tellement ponctionnés qu’elle est elle-même
devenue insolvable, et d’autant plus insolvable que le chômage s’y
développe.
La mise en place d’une
Entreprise Culturelle en Milieu Rural programmait modestement une
réponse locale à nos besoins de gagner notre vie. Ce serait aussi
un entraînement à l’exercice d’une démocratie de proximité,
la seule que nous pouvions essayer de promouvoir, en marge de la
pensée unique très agissante.
Il nous fallait partir
d’une idée servant de fil conducteur à notre réflexion.
Et c’est parce que
Bernard Le Nail, alors Directeur de l’Institut Culturel de
Bretagne, connaissait le premier village du livre créé en 1961 par
Richard Booth à Hay-on-Wye au Pays de Galles, que nous sommes allées
Yvonne Prêteseille et moi à … Redu, Village du Livre, dans les
Ardennes Belges. Noël Anselot, ami de Richard Booth, l’avait créé
en 1984.
Convaincues que c’était
l’idée du siècle nous avons choisi le livre comme support
culturel, professionnel et économique capable de servir d’épine
dorsale à notre Entreprise Culturelle, avec au programme
- La revitalisation d’un
village largement abandonné par ses habitants comme il en existe
beaucoup dans la France entière,
- La création d’emplois,
mais chacun créant le sien pour rester autonome et récolter les
fruits de son travail. A Bécherel, Cité du Livre, chacun créée
son emploi à partir de ses fonds propres et de sa force de travail.
Il s’agissait donc de
mettre une dynamique sur des rails et le livre a été la locomotive.
Chaque professionnel, en faisant le choix de s’installer à
Bécherel, doit travailler en toute solidarité avec tous les autres
pour que se développe l’Entreprise, ce que chacun met en place
bénéficie ou, hélas, nuit à tous.
La Démocratie s’apprend
et nous sommes tous très loin du compte. Ici, il aura fallu 20 ans
pour que nous commencions à partager quelques convictions sur le
bien fondé des idées à la base de l’entreprise. Les trois
piliers de notre démarche étaient et restent les concepts de
SOLIDARITÉ, AUTONOMIE, RESPONSABILITÉ.
La base de l’entreprise,
consciente et inconsciente, se construit sur un sentiment
d’appartenance en constante construction dans le quotidien. Nous,
de “Bécherel, Cité du Livre”®, devenons capables d’y
travailler ensemble sans nous inféoder à une pensée qui serait
unique puisque chacun de nous peut quitter le navire selon les
circonstances de sa vie.
Nous pourrions peut-être
désormais remplacer de concept de responsabilité par celui de
Participation quoique …
Nous ne sommes qu’au
début de l’aventure.
La prospective, en ces
temps de crise difficile, n’est pas encore claire.
- Mais si nous suivons ce
qui était prévu, il reste beaucoup à faire : Attirer d’autres
professionnels du livre, proposer des stages professionalisant
multiples au fur et à mesure des mises en place des différentes
activités professionnelles (stages linguistiques, stages de reliure,
de calligraphie, d’enluminure, création de papiers spéciaux, et
bien sûr informatique avec ventes et communication, etc…).
- Se constituer en réseau
avec les autres villages du livre, avec les petites Cités de
caractère, avec les villes d’art et d’histoire et avec les
villages à thèmes qui semblent vouloir se développer, car depuis
notre implantation plusieurs ont été créés en France, et partout
dans le monde,. pour proposer des circuits de découverte favorisant
la créativité.
Et puis,
- Un peu à la fois, à
partir de notre expérience, élaborer un projet de mise en place
d’autres entreprises culturelles enracinées dans les différentes
productions artisanales. Nous avons choisi le livre comme support
professionnel suceptible de décliner en cascade des activités
professionnelles; d’autres pourraient choisir la mode et les
tissus, d’autres les métiers du bois, les produits de terroir et
la gastronomie. Tant d’autres supports sont possibles …
- Revitaliser les zones
désertifiées en inversant la tendance actuelle du développement
inhumain des villes est aussi une saine perspective suceptible de
faire le bonheur de certains laissés pour compte.
Il est profondément
satisfaisant, pour moi, de mon point de vue, à la fois de constater
la réussite de la partie émergée du projet, de ses développements
et de la mise en place progressive des préconisations inscrites dès
l’origine. J’en suis la première étonnée, et si ça continue,
il y a des raisons d’espérer plus encore.
Colette Trublet.
L' Histoire
drôle
De notre correspondante de Brest chargée du chapitre "humour" :
une
petite perle sortie du crâne tout chaud d'un étudiant (pdf)....